Les barthes de l'Adour

Les barthes sont constituées par des plaines alluviales inondables situées de part et d'autre de l'Adour et de deux de ses affluents.
La biodiversité résulte de l'imbrication de ces différents milieux, conférant aux Barthes un grand intérêt écologique.
Elles constituent notamment un important lieu de gagnage pour les oiseaux d'eau : de nombreux limicoles et anatidés, la cigogne blanche, les fréquentent régulièrement ; parmi les autres vertébrés remarquables que l'on peut y trouver, citons : le vison d'Europe, la cistude, le lézard vivipare...
Les Barthes sont vouées traditionnellement à l'élevage extensif des bovins et équins ou à la production des chênes pédonculés.
De 1987 à 1993, la superficie des prairies humides permanentes a régressé de 7%.
En effet, un réseau d'assainissement important a permis l'utilisation intensive (malsiculture et populiculture) de certaines parties du site.
A l'heure actuelle, ces spéculations ne sont pas écartées. D'autres problèmes pourraient apparaître sur les zones où l'exode rural laisserait évoluer des prairies en taillis spontanés, en fait, là où l'agriculture traditionnelle (élevage extensif) aurait tendance à disparaître.

Les objectifs de conservation sont donc:

Méthodologie

Diverses actions ont été menées dans ce sens :

Résultats et perspectives

L'OGAF-Environnement permet le versement de subventions pendant 5 ans aux exploitants des Barthes, et aux communes qui possèdent souvent de grands territoires sur les parties les plus humides et donc écologiquement les plus riches. Les primes vont de 500 à 2 300 francs par hectare, pour des contraintes allant du maintien des prairies en l'état à la reconversion de parcelles de maïs en prairies permanentes.
En tout, au 31 décembre 1995, 1 970 ha étaient sous contrat.
L'objectif initial de 400 ha a été dépassé à la satisfaction de tous, car c'était la mesure la plus importante pour l'environnement.
Des suivis ont été mis en place pour mesurer l'impact de l'OGAF aux niveaux faunistique, floristique et socio-économique. Les premiers résultats sont attendus en 1996, mais l'ensemble des partenaires et usagers des Barthes est déjà en mesure d'apprécier l'intérêt des différents aspects du programme, y compris la réhumidification. Leur adhésion est quasi-générale.
La superposition des moyens et des actions sur les Barthes de l'Adour a permis de résoudre une partie, probablement importante, des problèmes. Tout n'est cependant pas réglé...
Si les aménagements sont en place pour longtemps, les règlements d'eau sont fixés pour 15 ans, l'OGAF-Environnement ne garantit les aides aux agriculteurs ou aux communes que pendant cinq ans. Même si on envisage sérieusement la reconduction de l'OGAF, rien n'est encore acquis...
Des zones déjà très fermées comme la partie inférieure des Barthes ont été très peu touchées par les OGAF. Les biotopes y sont souvent très dégradés malgré la présence de territoires remarquables. Il serait urgent et indispensable d'y envisager des opérations lourdes (rénovation des territoires, actions particulières sur les pratiques agricoles...).
Un projet collectif de développement est en cours de discussion. Son aboutissement est nécessaire, d'autant que certaines initiatives, qui mériteraient d'être soutenues, sont déjà lancées.
A Saint-Martin-de-Seignanx, un partenariat entre la fédération des chasseurs des Landes, la commune et une association locale (Saint-Martin-de-Seignanx nature et loisirs) a permis de mettre en place une structure d'animation et de sensibilisation à l'environnement, qui s'est étoffée en 1994 par la création d'un CPIE.
Ces projets à venir sont susceptibles de pérenniser les actions déjà entreprises. Ils devront, pour être menés à leur terme, obtenir le soutien des collectivités locales, départementales, et de tous les organismes intéressés.
La fédération des chasseurs des Landes, initiatrice de cette vaste réalisation, poursuit son action d'organisme pilote pour que de tels projets voient le jour.